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Conna?tre Joseph par l'Evangile, les révélations privées discernées, les saints canonisés



Différence entre imagination et réalité historique

Le petit Joseph est un enfant dont on ne sait rien... ce qui est normal, car pour le rejoindre et le comprendre, il faut passer par la prière et la Bible. 
Joseph enfant a donné lieu à des légendes dont le but est d'approcher la simplicité de ce saint. Mais comme le dit Joseph Lallemand ( Vie et sainteté du Juste Joseph, Téqui, 1987),  " les pages des apocryphes voulant décrire les choix de Joseph montrent, chez leurs auteurs, des imaginations trop peu soucieuses de la réalité historique, c'est évident". ( p. 33-39)
C'est le cas aussi de nos petits contes sur ce site, fables tirés de l'imagination et sans valeur historique : ils ne jouent pas dans la même catégorie, et sont sans prétention autre que de faire humblement aimer saint Joseph. 
Il y a bien plus précieux et plus valable : ce que la bible et les saints canonisés, plus particulièrement et de fa?on éminente, l'Evangile quand il cite Joseph, dit de notre Saint. 
L'un n'empêche pas l'autre, et les apocryphes ont donné lieu à des oeuvres d'art magnifiques : Joseph Lallement cite par exemple les fresques de Giotto montrant les " candidats" au mariage avec Marie faisant la queue... et Joseph reste humble au dernier rang, caché comme toujours : finalement, au bout du cycle de fresques, c'est sa branche, son rameau qui fleurira, en allusion au rameau de Jessé. On ne peut pas vraiment croire en une scène historique ponctuelle, en revanche, le sens profond et biblique est ainsi allégoriquement représenté, condensé et transmis dans le baton fleuri de Joseph. C'est ainsi que les apocryphes, plus proche de l'art et de ses exubérances, ont aussi leur talent propre, celui de la poésie et de l'évangélisation par la littérature, la peinture, etc. Bien s?r, tant que les apocryphes ne prétendent pas à la vérité historique !

Celui ou celle qui coopère par la sainteté de sa vie entre dans un dessein de Dieu. Joseph Lallement décrit avec des mots pesés et équilibrés comment on peut tirer une juste connaissance de saint Joseph des écrits à la fois de l'Evangile et de la réflexion de l'Eglise à travers les pères de l'Eglise et celles des saints canonisés, uniquement de ceux qui ont en quelque sorte été validés par l'Eglise au terme du processus de canonisation. Rappelons que les deux étapes avant la canonisation ( vénérable et bienheureux) n'engagent pas l'infaillibilité de l'Eglise et font partie d'un processus de vérification en cours).
Des saints et des saintes ont eu un lien plus étroit avec saint Joseph : Joseph Lallement cite Sainte Brigitte de Suède ( p 37) et Anne Catherine Emmerich. Et il redonne le critère de discernement : " Le critère est toujours l'accord avec la qualité surnaturelle des sobres écrits évangéliques". En " ne majorant pas le degré de probabilité" des révélations privées. Cette petite indication est précieuse ! 

Il indique aussi, et c'est important que" des renseignements de portée bien plus profonde se trouvent dans ce que les pères et les docteurs de l'Eglise, surtout saint Augustin et saint Thomas d'Aquin, ont compris dans leurs méditations théologiques, et aussi dans ce que de grands saints, comme Thérèse d'Avila, ont appris simplement par leur vie d'intimité avec le gardien de la sainte famille et de l'Eglise. Mais le point de départ de ces réflexions comme de ces expériences, c'est la Révélation évangélique".

Les voies par lesquelles Dieu donne la connaissance des saints

Joseph Lallemant explique dans son livre aussi un discernement indispensable : la hiérarchie de valeur entre les révélations privées contenues chez les saints canonisés et celles de l'Evangile. Il appelle cela les "deux voies par lesquelles Dieu donne la connaissance de ses saints".
" La première est la révélation divine, qui est gardée, proposée à notre foi et authentiquement interprétée par l'Eglise ; la seconde est la canonisation prononcée par l'Eglise elle-même, car après l'achèvement de la Révélation l'Eglise est dotée par Dieu de tout ce qui est nécessaire pour qu'elle coopère s?rement à la poursuite de l'oeuvre de la sanctification, ainsi doit-elle être, par divine assistance, infaillible dans le discernement de la sainteté qu'elle présente à notre culte et à notre imitation".(p 39).

Cette question est tout à fait primordiale et d'actualité dans le discernement de la sainteté. L'imagination qui se présenterait comme vérité historique serait un mensonge, l'imagination qui se présenterait comme ce qu'elle est, un genre littéraire, un poème, peut aider à conna?tre les saints. 
Revenons à la hiérarchie entre Révélation divine et sainteté proclamée par l'Eglise :
" Mais n'y a-t-il pas une hiérarchie entre ces deux voies par lesquelles Dieu nous instruit sur ses saints ? L'une et l'autre requièrent de notre part l'exercice de notre foi théologale et tendent à  nous faire entrer davantage dans la charité de Dieu. Mais les saints que nous fait conna?tre la sainte Ecriture, spécialement ceux que nous révèlent les Evangiles, ont été placés par Dieu plus au centre de ses desseins ; pour cela Il leur a donné de ses plans une connaissance très particulièrement large et profonde et ils y ont coopéré avec une correspondance proportionnée. Leur connaissance est donc tout spécialement précieuse pour entrer dans les grandes intentions de Dieu".

Il y a donc une hiérarchie. En premier l'Evangile. Puis, avec des degrés de correspondance par la coopération des saints recevant une révélation privée, une hiérarchie et une valeur proportionnée selon l'adéquation à l'Evangile. A l'intérieur même de l'Evangile, les saints comme Marie et Joseph sont au degré de correspondance le plus élevé. 
Les saints qui ont parlé d'eux, écrits sur eux, donc sur saint Joseph, sont fiables selon ces critères :
-- adéquation de leur vie personnelle avec l'Evangile.
-- absence de mensonges qui consisterait à " majorer la probabilité" de leurs visions, notamment pour des raisons de gloriole personnelle et d'enrichissement, adéquation de leurs dires avec l'Evangile ( et sa sobriété!).
-- En dernière instance, canonisation par l'Eglise, le processus de vérification étant achevé.


Relevons ces mots de Joseph Lalemment qui montrent l'enjeu de la connaissance de la sainteté d'un saint Joseph et l'enjeu de la sainteté canonisée : 
" Dieu nous assure cette connaissance par l'Eglise. Car le Christ, en son grand amour, a voulu que l'oeuvre de la sanctification s'accompl?t non seulement dans l'unité de son Eglise, mais encore avec le concours de son corps mystique. La proclamation des saints est ainsi l'une des marques de la véritable Eglise, c'est l'une des formes de sa sainteté, l'un des témoignages de son intimité avec le Sauveur et de son animation par l'Esprit Saint". ( p 39).

C'est aussi l'un des lieux de plus hautes batailles spirituelles : on devine que de plus en plus, la vertu de prudence, la raison, la théologie, l'intelligence de la foi sont engagées dans cette bataille. Et que saint Joseph peut guider ceux qui dans l'Eglise ont cette tache primordiale. Il est fort à parier aussi que la congrégation pour les causes des saints et celle de la Doctrine de la Foi ont tout intérêt à fonctionner ensemble dans la réforme actuelle de la Curie !

AC

 


Lundi 19 Octobre 2020
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